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Haïti/Reconstitution de l’Armée : L’interpellation du ministre de la défense, transformée en convocation à la chambre des députés

P-au-P, 31 juil. 2017 [AlterPresse] — Pas d’interpellation, mais plutôt une convocation, ce mardi 1er août 2017, du titulaire du Ministère de la défense, Hervé Denis, à la chambre des députés.

« En conférence des présidents, avec les différents blocs au sein de la chambre basse, plusieurs députés avaient opté pour transformer l’interpellation en convocation », explique à AlterPresse l’un des députés initiateurs de cette convocation, le député Printemps Bélizaire.

Des députés de la 50e législature ont décidé de transformer en convocation la séance d’ interpellation du ministre, décidée préalablement, en vue de lui permettre d’apporter des éclaircissements autour de la mise sur pied d’une nouvelle force armée d’Haïti.

Denis est convoqué, parce qu’il a mis en branle, de manière unilatérale, le processus d’inscription pour le recrutement de postulantes et postulants pour la nouvelle force armée d’Haïti. .L’action du ministre a constitué une provocation, surtout pour celles et ceux victimes des anciennes Forces armées d’Haïti (Fad’h), souligne Printemps Bélizaire.

La décision de constituer une nouvelle force armée a été prise sans consulter préalablement le pouvoir législatif, garant de la bonne marche de l’exécutif.

Printemps Bélizaire n’écarte pas la possibilité de revenir avec l’interpellation, au cas où, pendant la séance de convocation, le mardi 1er août 2017, le ministre de la défense ne parviendrait pas à satisfaire les attentes des parlementaires.

La demande d’interpellation a été appuyée par plus d’une vingtaine de députés, de diverses tendances politiques, qui ont critiqué le « comportement anti-institutionnel et anti-républicain » du ministre, dans une lettre datée du 25 juillet 2017.

Il y a un vice de forme dans la démarche, entreprise par les députés interpellateurs, puisque la demande d’interpellation devrait être faite au cours d’une séance, avance le député Ronald Exantus .

Il serait plus sage que le ministre de la défense aide le président Jovenel Moïse à préparer une proposition de loi-cadre pour la force armée, suggère-t-il.

Jean-Michel Moise, député de la circonscription Bombardopolis/Baie de Henne (Nord–Ouest d’Haïti) considère nécessaire la formation préalable d’un haut état-major des Forces armées d’Haïti. Il appelle Jovenel Moïse à s’asseoir avec le parlement pour qu’il y ait un consensus sur la formation d’un haut état-major.

Le recrutement d’une classe de soldats, sans cadre légal ni structure institutionnelle, a été lancé pour la reconstitution de l’Armée, démobilisée depuis l’année 1995, après la participation de militaires dans de multiples atrocités, dont des coups d’État.

Plus de 2 mille postulantes et postulants, dont plus de 300 femmes, ont pu s’inscrire, du 17 au 25 juillet 2017, dans le cadre du recrutement de cette nouvelle promotion de soldats, devant faire partie de la nouvelle armée d’Haïti, selon un bilan partiel.

A partir de 2012, cinq classes de soldats ont été mises sur pied, quasiment dans la clandestinité, sous la présidence de Joseph Michel Martelly. Ces nouveaux militaires ont été formés en Equateur, selon les informations disponibles

En juillet 2017, d’anciens militaires, qui continuent de s’entraîner, en différents endroits en Haïti, exigent, de leur côté, leur intégration dans la nouvelle armée, non encore légalement définie. [jep emb rc apr 31/07/2017 15 30]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21936#.WYIEd-nkXIU

Haïti/Sous-traitance : La remobilisation ouvrière tuée dans l’œuf

P-au-P, 1er août 2017 [AlterPresse] — Les ouvrières et ouvriers de la sous-traitance du secteur textile ont été empêchés de défiler dans les rues de Port-au-Prince, tôt dans la matinée du lundi 31 juillet 2017, par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh).

« Le président Jovenel Moïse ainsi que les patrons des entreprises ont réuni toutes les forces de la Pnh, pour empêcher les ouvrières et ouvriers de manifester dans les rues », s’est indigné le coordonnateur général de la Coordination nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha), Dominique St Eloi, joint au téléphone par AlterPresse.

Au moins trois camions de policiers étaient postés, devant chaque usine, pour intimider les ouvrières et ouvriers, et faire échec au mouvement.

Le refus des ouvrières et ouvriers de travailler a provoqué une paralysie, ce lundi 31 juillet 2017, dans certaines usines textiles, rapporte la Cnoha.

Contrairement à l’annonce des syndicats, pour une nouvelle semaine de mobilisation dans les rues de la capitale, du lundi 31 juillet 2017 au samedi 5 août 2017, les ouvrières et ouvriers n’ont pas pu reprendre leur mouvement de protestation.

Les syndicats ouvriers devraient évoquer, ce mardi 1er d’août 2017, de nouvelles stratégies dans la lutte ouvrière.

La poursuite de la mobilisation ouvrière a été maintenue, suite à la décision, le 27 juillet 2017, de Jovenel Moïse d’ajouter seulement 15.00 gourdes au montant de salaire minimum de 335.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 64.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), proposé par le Conseil supérieur des salaires (Css).

La présidence a annoncé avoir paraphé l’arrêté, fixant le salaire minimum journalier dans différentes branches, dont celui de la sous-traitance, à 350.00 gourdes au lieu des 800.00 gourdes réclamées par les syndicats.

Mobilisés depuis la mi-mai 2017, les syndicats ouvriers projettent de poursuivre leur mouvement de revendications salariales, à partir de nouvelles stratégies de mobilisation. [jep emb rc apr 1er/08/2017 09:20]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21938#.WYID2-nkXIU

Haïti-Rép. Dom. : Une population frontalière abandonnée

Par Jean Élie Paul, envoyé spécial

Ouanaminthe / Dajabon (Haïti/République Dominicaine), 30 juil. 2017 [AlterPresse] — La population vivant dans les zones frontalières haïtiano-dominicaines, particulièrement du coté d’Haïti, est pratiquement abandonnée à son sort, constatent plusieurs journalistes, dont une équipe d’AlterPresse, ayant pris part, du vendredi 28 au dimanche 30 juillet 2017, au Rallye frontière libre 2017.

L’absence d’infrastructures routières, énergétiques, hydrauliques et de services divers est frappante dans ces zones, où les communautés végètent dans la misère, rapporte un reporter d’AlterPresse.

Ayant atteint le Nord du pays en passant par le Plateau central, le convoi a traversé la frontière du coté de Ouanaminthe (Nord-Est)/Dajabon et a pris la route internationale, parcourant les localités de Capotillo, Restauracion, Pedro Santana, Elias Pina, Belladère, Lascahobas vers Mirebalais et Port-au-Prince.

Plus d’une trentaine de participants au rallye ont découvert, avec stupéfaction, plusieurs zones délaissées, où, selon les statistiques, vivent près d’un million de personnes le long de 380 km de frontière, observe AlterPresse.

Dans ces localités, n’existent que quelques maisonnettes de fortune, dont la plupart, en terre battue, témoignent, en quelque sorte, des conditions difficiles d’existence des familles qui y résident.

D’une zone à l’autre, le spectacle de gens qui se baignent dans des rivières, dont l’eau sert aussi à la lessive et à la consommation.

« La population de ces zones frontalières (haïtiennes) dépend de la République Dominicaine », regrette Ives-Marie Chanel, journaliste et entrepreneur, principal organisateur du rallye.

Il condamne, entre autres, l’absence d’adductions d’eau potable, pouvant protéger les riverains de maladies contagieuses comme le choléra, qui, en 7 ans, a déjà fait environ 10,000 morts à travers le pays.

Il souhaite que les autorités haïtiennes prennent des mesures afin de changer les conditions de vie de la population.

Parmi les participants au rallye, figure Edwin Paraison, ancien ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine.

Il explique que les communautés frontalières des deux pays sont un peu éloignées des centres de décision, puisque ce sont dans les deux capitales que l’on gère l’agenda national de chacun des pays.

« Les statistiques témoignent que la pauvreté est beaucoup plus accrue dans les communautés frontalières », fait savoir l’ancien diplomate, qui dirige présentement la Fondation Zile.

« Il faut que les communautés frontalières sentent qu’ils font partie de cette grande et unique nation (île) d’Haiti, ce qui dépendra du dynamisme de leurs représentants et de l’engagement des autorités principales, particulièrement de l’exécutif », souligne Paraison.

Il estime qu’il faut sensibiliser, conscientiser les autorités sur la réalité frontalière et apporter, en même temps, une contribution au rapprochement entre les deux peuples partageant l’ile.

Avant de parvenir à la frontière, le rallye est passé par plusieurs sites historiques du Nord d’Haïti. [jep gp apr 30/07/2017 10:10]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21931#.WYIDQOnkXIU

Patrimoine : Les sites historiques du Nord d’Haïti à l’abandon

Par Jean Élie Paul, envoyé spécial

Cap-Haïtien (Haïti), 1er août 2017 [AlterPresse] — Plusieurs sites historiques du département du Nord d’Haïti sont laissés à l’abandon par les autorités haïtiennes.

Ce constat a été effectué par l’agence en ligne AlterPresse, lors du « Rallye frontière libre 2017 », réalisé du vendredi 28 au dimanche 30 juillet 2017, sur la ligne frontalière entre Haïti et la République Dominicaine.

Le promoteur de cette activité, le journaliste et entrepreneur Ives Marie Chanel, déplore également un manque d’aménagement des sites touristiques par les autorités.

La coupe effrénée des arbres fait rage dans la zone de Dondon, non loin de la Citadelle Laferrière, une fortification érigée au début du XIXe siècle, sur les hauteurs de Milot (Nord), par Henri Christophe, l’un des héros de l’indépendance d’Haïti vis-à-vis des colonisateurs français..

Lieu de mémoire, la Citadelle Laferrière constitue un bien culturel haïtien, inscrit, depuis 1982, sur la liste du Patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture ((en Anglais United nations educational, scientific and cultural organization / Unesco).

Au pied de la Citadelle Laferrière, une importante structure d’accueil de Choiseuil-Milot a été aménagée afin d’accueillir les visiteuses et visiteurs.

Située à environ 1.5 km au pied de la Citadelle Laferrière, cette structure d’accueil comprend un restaurant, une infirmerie et une salle d’interprétation audiovisuelle, ainsi que 11 kiosques pour la vente de produits artisanaux, au bénéfice de petites marchandes et de petits marchands dans la zone (dans la commune de Milot / Nord).

Chanel appelle l’État à mettre en place des infrastructures routières, dans la zone de Dondon, afin de pouvoir connecter la Citadelle Laferrière avec cette structure d’accueil.

La Citadelle Henri Christophe, le Palais Sans-souci et le site des Ramiers représentent les trois zones touristiques, déterminées dans le cadre du plan touristique du Nord d’Haïti.

Le site de la Citadelle Laferrière, le plus important d’Haïti (25 km2), incluant le Parc et sa zone périphérique (zone tampon), est accessible à cheval sur les communes de Milot, Dondon, Plaine-du-Nord et Grande-Rivière du Nord.

Construit sur une péninsule, dans la baie de Fort-Liberté, municipalité située à 50 kilomètres du Cap-Haïtien, Fort-Dauphin a été affecté, en 1842, par un tremblement de terre.

Fort-Dauphin était considéré comme le plus beau site historique de Fort-Liberté, avec sa baie et ses mangroves impressionnantes.

Les vestiges de ce fort délaissé témoignent de sa décrépitude. Les traces des canons, qui ornaient l’espace, ne sont plus visibles.

Construite, en 1735, avec des pierres de taille apportées de France sur l’ordre du Roi de France Louis XV, la forteresse s’élève sur un petit promontoire rocheux, qui permet de voir la ville et de protéger la baie.

« À chaque fois que nous allons pêcher dans la zone, les Dominicains tirent sur nous et prennent tous nos effets, y compris nos canots pour nous empêcher de pêcher », dénonce Edson Pierre, un pêcheur.

Certains d’entre nous sont, parfois, soit tués, soit emprisonnés, puis libérés, rapporte le pêcheur Pierre, qui souhaite l’installation d’un poste de contrôle dans la baie de Fort-Liberté, par l’État haïtien.

Au cours du « Rallye frontière libre 2017 », les organisateurs ont atteint le département du Nord, en passant par le Plateau central, traversant la frontière du côté de Ouanaminthe (Nord-Est)/Dajabón, en prenant la route internationale, parcourant les localités de Capotillo, Restauracion, Pedro Santana, Elias Piña, Belladère, Lascahobas vers Mirebalais et Port-au-Prince. [jep emb rc apr 1er/08/2017 16:15]

Photos : Abdonel Dorvil

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21943#.WYH4m-nkXIU

Haïti-Justice : Le Rnddh dénonce la levée de l’interdiction de départ contre l’ex-conseillère Yolette Mengual

P-au-P, 24 juil. 2017 [AlterPresse]— Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) dit condamner l’ordonnance de main levée de l’interdiction de départ, prise en faveur de l’ex-conseillère électorale Yolette Mengual, actuelle directrice générale du Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (Mhave).

Le Rnddh juge regrettable la décision rendue par le doyen Bernard Sainvil, dans un communiqué de presse en date du vendredi 21 juillet 2017 et dont a pris connaissance l’agence d’information en ligne AlterPresse.

« Une telle mesure n’est pas de nature à renforcer l’appareil judiciaire et son indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif », regrette-t-il.

La justice haïtienne ne peut ni ne doit être sélective, soutient-il.

En date du 12 juillet 2017, sur demande de Mengual, le tribunal des référés, constitué du doyen Bernard Sainvil, assisté de la greffière Marie Yolande Cadet Zetrenne, a rendu une ordonnance à main levée de la mesure d’interdiction de départ émise à l’encontre de l’ancienne conseillère électorale, déplore le Rnddh.

L’ex-conseillère et ancienne représentante du secteur des femmes au sein du Conseil électoral provisoire (Cep) a été l’objet d’un mandat d’amener à cause des accusations portées contre elle par l’ancien candidat à la députation pour la circonscription de Ferrier/ Les Perches, Gérald Jean.

Ce dernier avait fait savoir qu’il aurait donné 15 mille dollars US à Mengual, siégeant comme juge électoral, pour changer les résultats en sa faveur.

Un mandat de dépôt a été émis contre Mengual, aux termes d’une confrontation avec le concerné le jeudi 30 mars 2017.

« En raison de la pertinence des faits avancés par Gérald Jean et des indices concordants relevés par le Magistrat Instructeur, il a été décidé d’inculper l’ex-conseillère électorale pour corruption et manipulation des résultats des élections de 2015 et d’émettre un mandat de dépôt à son encontre », rappelle-t-il.

Cependant, ce mandat n’ayant pas été exécuté, le magistrat instructeur a rendu un ordre d’interdiction de départ à l’encontre de l’inculpée Yolette Mengual, soit une mesure d’instruction en vue de lui permettre de mener à bien son enquête.

Ce scandale de corruption avait éclaboussé, en 2015, plusieurs conseillers électoraux.

Face à cette décision intempestive, le Rnddh estime que le doyen, en prenant cette décision, a interféré dans l’instruction du dossier menée par le magistrat Jean Wilner Morin, ce, d’autant plus que les greffiers du tribunal de première Instance de Port-au-Prince sont en grève.

Cette grève, entamée depuis le 3 juillet dernier dans les 18 juridictions du pays, met à nu les revendications des greffiers, qui exigent des autorités de l’État de meilleurs traitements et des arriérés de salaire.

« Aujourd’hui, à cause de cette grève des greffiers, les ordres d’extraction judiciaire en faveur de personnes en détention préventive prolongée ne peuvent être exécutés, des affaires urgentes ne peuvent être entendues et les assises criminelles avec et sans assistance de jury ne sont pas réalisées », indique le Rnddh.

Pourtant, il dit constater que tout a été mis en œuvre, avec une célérité exemplaire, en vue de permettre au tribunal des référés de se constituer exclusivement pour lever une mesure d’instruction prise par un magistrat, dans le cadre d’une enquête judiciaire.

Il recommande aux autorités étatiques de ne pas interférer dans ce dossier de corruption et de permettre à la justice de suivre son cours afin que toute la lumière soit faite. [jep emb gp apr 24/07/2017 13 :15]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21901#.WXaAl-nkXIU

Haïti-Politique : La caravane de Jovenel Moïse dans le collimateur de l’organisation Tèt kole ti peyizan

“P-au-P”, 20 juil. 2017 [AlterPresse] — La caravane du président Jovenel Moïse n’apporte rien de concret aux besoins des masses défavorisées du pays, critique l’organisation Tèt kole ti peyizan, dans une interview accordée à l’agence en ligne AlterPresse.

Lancée depuis le 1er mai dernier dans le département de l’Artibonite, la “caravane du changement” est une opération mise en oeuvre officiellement pour réhabiliter les infrastructures dans plusieurs régions et booster la production agricole.

En fait, elle est réalisée « au profit des intérêts des multinationales et de la bourgeoisie », déplore Rosnel Jean-Baptiste, coordonnateur de l’organisation paysanne.

La caravane constitue, dit-il, une forme de « campagne électorale ».

L’Organisme pour le développement de la vallée de l’Artibonite (Odva) qui représente le Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Mardr) n’aurait pas reçu de matériels pour faire son travail, indique-t-il.

Les 197 millions 330 mille 333 gourdes utilisés pour organiser la caravane du changement dans l’Artibonite auraient pu servir à relancer l’agriculture haïtienne.

Un montant de 3 milliards 500 millions de gourdes a été prévu pour la seconde caravane, débutée à partir du samedi 1er juillet 2017 dans le grand Sud d’Haïti, sévèrement touché par le cyclone Matthew, les lundi 3 et mardi 4 octobre 2016.

Jean Baptiste critique le gouvernement pour n’avoir pas consulté les organisations paysannes, les producteurs et agriculteurs afin d’échanger sur l’initiative de la caravane avant sa mise en œuvre.

II appelle le gouvernement à s’investir dans l’agriculture au lieu de « gaspiller » les fonds publics.

La question de la caravane mise sur pied par le président et le premier ministre ne serait-elle pas une manœuvre pour chasser les paysans sur leurs terres, s’interroge Tèt kole ti peyizan.

Il met en garde contre une tentative du chef de l’État de créer une « zone franche agricole ».

Des actions concrètes sont en cours d’exécution, près de vingt jours après le lancement de la Caravane du changement dans le grand Sud, indique Lucien Jura, porte-parole de la présidence, lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 19 juillet 2017, au Palais national.

Le gouvernement de Jack Guy Lafontant annonce le début des travaux de curage et de consolidation de la berge de la ravine du Sud à Camp-Perrin, le reprofilage d’un tronçon de route de 2 km dans la localité de Mersan située à Camp-Perrin, la réhabilitation de la route nationale # 7 à Maniche, du tronçon de route reliant Cavaillon à Barradères, ainsi que plusieurs pistes intercommunales.

Sur le plan énergétique, le gouvernement prévoit de distribuer 2 millions de kits à la population.

Il compte également réparer un effectif de 650 maisons et construire 650 autres.

Ces travaux seront exécutés par l’Unité centrale de logements et de bâtiments publics (Uclbp) et l’Entreprise publique de promotion de logements sociaux (Eppls).

D’autres travaux similaires seront réalisés dans le département des Nippes, notamment la réhabilitation de 323 pistes, la réparation de 200 maisons et la reconstruction de 25 maisons.

Environ 1200 kits énergétiques seront distribués à la population, dans le département des Nippes, font savoir les porte-parole de la présidence. [jep emb gp apr 20/07/2017 15 :40]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21894#.WXJ82enkXIU

Haïti-Politique : 30 ans après, Tèt kole ti peyizan continue de réclamer justice pour les victimes du massacre de Jean Rabel

P-au-P, 20 juil. 2017 [AlterPresse] — L’organisation Tèt kole ti peyizan continue de réclamer justice pour les victimes du massacre de Jean Rabel (Nord-0uest), 30 ans après (23 juillet 1987-23 juillet 2017).

Ce massacre est survenu dans un contexte de luttes revendicatives et politiques de la paysannerie haïtienne, plus spécialement des paysannes et paysans de Jean Rabel et de Mahotière, principaux chefs de file du mouvement, rappelle le coordonnateur national de Tèt kole ti peyizan, Rosnel Jean Baptiste.

Cette lutte avait posé de gros enjeux économiques, politiques, sociaux et culturels, face à la classe dominante, rappelle Tèt kole ti peyizan, lors d’une conférence de presse de souvenir, le mercredi 19 juillet 2017, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Environ 139 paysannes et paysans, membres des groupements organisés Tèt Ansanm, ont été assassinés, le jeudi 23 juillet 1987, par des militaires, d’anciens membres de la milice des Duvalier et de grands propriétaires terriens.

Après le massacre du jeudi 23 juillet 1987 à Jean Rabel, un grand potentat, également propriétaire terrien dans la zone, Nicol Poitevien, l’avait revendiqué en se vantant d’ « avoir assassiné 1,042 communistes ». Nicol Poitevien, qui a été arrêté, sous la présidence de René Préval, en relation avec ce massacre, a été libéré, par la suite.

30 ans après, la justice haïtienne tarde encore à faire la lumière sur le massacre du jeudi 23 juillet 1987 à Jean Rabel.

Le dimanche 23 août 2017, de retour d’une cérémonie de souvenir (un mois après le massacre de Jean Rabel du 23 juillet 1987), dans l’Artibonite, des prêtres catholiques romains (dont Jean-Bertrand Aristide à l’époque), accompagnés de laïcs, ont été agressés dans un guet-apens, commandité par des militaires, à Freycineau (entrée sud de Saint-Marc). Parmi les blessés du guet-apens du 23 août 1987 à Freycineau (Saint-Marc), le prêtre monfortain Jean-Marie Vincent, qui accompagnait les groupements organisés Tèt ansanm de Jean Rabel, à travers une équipe missionnaire, composée de divers spécialistes nationaux et internationaux.

Le coup d’Etat du 30 septembre 1991, des failles du système judiciaire ainsi que des bouleversements politiques, notamment celui de 2004, entre autres, n’ont pas encore permis d’obtenir justice et réparation pour les victimes, paysannes et paysans, du massacre du 23 juillet 1987. De présumés auteurs et complices du massacre auraient été relâchés

Le Comité exécutif national de l’organisation Tèt kole ti peyizan annonce des activités de souvenir, ce dimanche 23 juillet 2017, des 30 ans du massacre des paysans de Jean Rabel.

Le massacre du jeudi 23 juillet 1987 doit être inscrit dans un plan de répression et de déstabilisation globale de la paysannerie, afin d’imposer un projet économique et politique de l’impérialisme et de toutes les autres forces dominantes au niveau national et international, analyse Tèt kole ti peyizan.

Objectifs poursuivis par la coalition réactionnaire, nationale et internationale, qui avait commandité le massacre du 23 juillet 1987 à Jean Rabel : bloquer le développement de la lutte paysanne et des classes populaires en Haïti, relate Tèt kole ti peyizan. [jep emb rc apr 20/07/2017 10:00]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21889#.WXI7zOnkXIU

Haïti-Politique : Le contexte n’est pas favorable à la mise en place d’une nouvelle armée, estime le mouvement social

P-au-P, 17 juil. 2017 [AlterPresse] — Plusieurs organisations sociales et de droits humains ont manifesté leurs inquiétudes par rapport au lancement des opérations de mise en place d’une nouvelle armée « dans un contexte social plutôt précaire ».

Étant donné les nombreux problèmes auxquels fait face Haïti, la création d’une nouvelle armée ne devrait pas être prioritaire, pense le coordonnateur exécutif de Tèt kole ti peyizan ayisyen (Union des petits paysans haïtiens), Rosnel Jean-Baptiste.

Pour lui, « Le mot armée reflète une mauvaise image aux yeux des paysans et la population », qui gardent un mauvais souvenir des anciennes Forces armées d’Haiti (Fad’H), dissoute en 1995, après un parcours semé de coups d’État et d’exactions diverses.

Les fonds envisagés pour la création de la nouvelle armée devraient être utilisés pour rendre plus professionnelle la Police nationale d’Haïti (Pnh), encourage-t-il.

Le Ministère de la défense a lancé le recrutement d’une classe de soldats pendant la période du 17 au 21 juillet 2017.

Avec un maigre budget d’environ 535 millions de gourdes pour l’exercice 2017-2018, il ambitionne de « reconquérir notre souveraineté nationale » à travers l’exécution de ce projet.

« Cette nouvelle force armée n’a même pas un état-major puisqu’elle a été dissoute », souligne la militante féministe Danièle Magloire, dirigeante de l’organisation Kay Fanm (La Maison des femmes).

Elle a exprimé un ensemble de préoccupations concernant la finalité de cette armée, sa formation et son effectif, entre autres.

En plein 21e siècle, l’armée ne peut plus se faire de la même manière qu’autrefois. Jusqu’à maintenant, l’État haïtien ne peut même pas donner à la Pnh les moyens nécessaires à un fonctionnement normal, fait-elle remarquer.

Il n’y a pas eu assez de consultations avec la population à propos du rétablissement de l’armée, regrette le coordonnateur du Collectif Défenseurs plus, Antonal Mortimé.

Toutefois, il reconnait que l’armée c’est une institution constitutionnelle au même titre que les autres.

Il souhaite qu’il y ait un dialogue avec tous les secteurs de la vie nationale ayant des opinions contraires ou similaires sur la question.

La mise en place d’une nouvelle force militaire devrait susciter des inquiétudes chez tous les citoyennes et citoyens en Haïti, affirme, de son côté, le coordonnateur général de l’Union nationale des normaliens et éducateurs d’Haïti (Unnoeh), Georges Wilbert Franck.

Les opérations se font de manière unilatérale, en dehors de tout débat, critique-t-il, craignant que cette armée ne devienne une milice au service des intérêts particuliers au détriment de ceux de la collectivité.

Le coordonnateur général de la Coordination nationale des ouvriers haïtiens (Cnoha), Dominique St Eloi, estime que c’est une bonne initiative puisqu’un pays ne peut avoir d’autonomie sans une armée.

Toutefois, il dit craindre que cette armée ne reproduise pas les mêmes erreurs du passé en fomentant des coups d’état.

Il plaide en faveur d’une armée professionnelle, disposant d’un corps de génie militaire et capable de contrôler les frontières aériennes, souterraines et maritimes d’Haïti. [jep emb gp apr 17/07/2017 16 :40]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21877#.WW5WPenkXIU

Football féminin U-20/Éliminatoires : Haïti accueille la première phase des éliminatoires de la Coupe du monde féminine

P-au-P, 14 juil. 2017 [AlterPresse] — La sélection haïtienne féminine des moins de 20 ans (U-20) reçoit, du 19 au 23 juillet 2017, la première phase des éliminatoires de la Coupe du monde de cette catégorie, au Stade Sylvio Cator, (au centre-ville de la capitale Port-au-Prince), apprend l’agence en ligne AlterPresse.

La sélection nationale devra découdre face à son homologue d’Anguilla, le 19 juillet prochain, avant d’affronter les autres équipes du groupe, notamment Dominique et Cuba, pour décrocher le seul billet qualificatif donnant droit à la deuxième phase de la compétition.

La formation haïtienne dirigée par l’entraîneur Cowsky Sainvil, devra surclasser ce premier groupe pour se tailler la seule place pour le second tour.

Le 19 juillet 2017, la formation cubaine ouvrira le tournoi contre la Dominique alors que dans la même soirée, les jeunes Grenadières affronteront Anguilla.

Dans la deuxième journée, fixée au 21 juillet,Anguilla jouera contre Cuba tandis que l’équipe haïtienne rencontrera la Dominique.

Deux jours plus tard, Anguilla s’opposera à la Dominique, lors de la dernière journée. Ensuite, la sélection nationale devra affronter son homologue de Cuba.

L’équipe haïtienne des moins de 20 ans est constituée, en grande partie, des joueuses de la dernière sélection U17.

La prochaine Coupe du monde féminine de football des moins de 20 ans se déroulera en France, du 7 au 26 août 2018.

Réalisée tous les deux ans depuis 2002, cette compétition de football féminin est organisée par la Fédération internationale des associations de football (Fifa). [jep emb gp apr 17/07/2017 10 :10]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21872#.WW5V–nkXIU

Haïti-Elections indirectes : 330 membres déjà élus aux Assemblées municipales, informe le Cep

P-au-P, 12 juil. 2017 [AlterPresse] — 330 membres sont déjà élus aux Assemblées municipales dans le cadre des élections indirectes en cours cette semaine à travers le pays.

C’est ce qu’indique le Conseil électoral provisoire (Cep), dans une note de presse en date du 11 juillet 2017, transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Les lundi 10 et mardi 11 juillet 2017, ces élections se sont déroulées dans 72 communes d’Haïti.

169 membres des Assemblées municipales ont été élus durant la première journée électorale indirecte, et 161 durant la deuxième journée.

Le Cep rappelle que le processus doit aboutir à l’élection de 708 membres des Assemblées municipales sur l’ensemble du territoire.

Le processus de formation de ces Assemblées s’achèvera le 14 juillet conformément au calendrier électoral.

Le 5 juillet dernier, en séance plénière, le Sénat a voté une résolution à travers laquelle il demande à l’exécutif d’intervenir auprès de l’institution électorale en vue de surseoir à l’organisation des élections indirectes annoncées.

Cette résolution, non contraignante, a été publiée en date du 10 juillet 2017 dans le journal officiel le Moniteur, le même jour de la tenue de ces scrutins.

Dans ledit document, les parlementaires exigent la mise en place et l’adoption d’un cadre légal approprié à l’organisation des élections indirectes.

Plusieurs structures de pouvoir local ont rejeté la résolution du Sénat.

Elle est qualifiée d’ « illégale » par l’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (Ocid).

Le motif « absence de cadre légal adéquat » mis en avant par le Sénat pour appuyer sa décision ne tient pas debout, critique l’Ocid. [jep emb gp apr 12/07/2017 10 :30]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article21851#.WWZzl-nkXIU